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 Le sens didactique du Livre des Esprits

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MessageSujet: Le sens didactique du Livre des Esprits    Mer 17 Juil - 15:56

Le sens didactique du Livre des Esprits

Le Livre des esprits laisse de la marge aux études les plus diverses, parce que le contenu doctrinal de ce grand livre, qui condense les bases de la Doctrine spirite, à un objet capable d'aiguiser la curiosité des plus divers types de vocation intellectuelle. Si celui qui l'étudie a une inclination pour les problèmes d'ordre philosophique, bien qu'il ne soit pas spirite, le Livre des esprits lui suggérera des réflexions autour de Dieu, de la formation de l'Univers, de l'origine des choses et, pour finir, d'une série d'immenses autres questions transcendantales ; si, dans le même temps, le Livre des esprits vient aux mains d'un homme porté par les études en sciences sociales, dès lors qu'il dispose d'un esprit émancipé et de recherche, il ne lui sera pas difficile de découvrir autant d'autres questions toutes aussi sérieuses et élastiques, parce qu’attenant à la vie sociale en ses divers aspects, et que tout cela est un sujet qui relève du domaine de la sociologie, de la psychologie sociale, et des autres sciences qui étudient les relations humaines. Si quelqu'un disait, supposons, un technicien ou à un spécialiste en économie politique que la doctrine spirite traite de problèmes économiques, ceci pourra causer de la surprise dans la mesure où, beaucoup de gens estiment (et estiment très mal) que le spiritisme est une doctrine qui ne s'intéresse qu'aux morts, et à rien d'autre... Quoi qu'il en soit, la doctrine fait des propositions à propos de certaines questions qui intéressent diverses branches de la culture scientifique.

Il suffit de voir pour cela la troisième partie du Livre des esprits, en particulier la discussion relative aux lois du travail, loi de société, loi d'égalité..., où figurent certaines affirmations qui, converties en thèses scientifiques, se retrouveront forcément parmi les sciences sociales et, en particulier, en matière de sociologie, de par son amplitude. Le Livre des esprits n'a pas la forme d'une encyclopédie mais, son organisation doctrinale a une vision encyclopédique par la variété et la suite de sujets embrassés. Jusqu'à certains problèmes de biologie, tout comme de ceux qui ne sont pas compris, apparaissent dans le système du Livre des esprits, malgré ses dizaines d'années d'existence... Si, par exemple, un critique ou un simple curieux a de l'intérêt pour les études biologiques, il trouvera aussi dans le Livre des esprits certains des plus palpitants problèmes d'embryologie, d'évolution, d'hérédité et autres problèmes de même nature, bien que présentés en fonction de préoccupations spirituelles (examiner, sans esprit de prévention, les questions 344 à 360, relatives à l'union de l'âme au corps). On peut suivre, parmi d'autres, les questions 586 à 613, qui se réfèrent aux animaux et aux plantes, ainsi qu'aux animaux et aux hommes. La doctrine pénètre beaucoup dans le champ de la biologie, parce que sa conception de la vie englobe le plan organique et le spirituel. Il n'est pas exagéré de dire que certaines propositions du Livre des esprits renferment des idées très avancées quant à l'eugénisme, bien que cela soit formulé en thèse générale, et non en termes spécifiques.

Un des aspects les plus caractéristiques du Livre des esprits, dans son expression structurelle, c'est la distribution didactique des matières. On peut dès lors noter l'ordre de placement des chapitres en quatre parties :
- Première partie, les problèmes généraux : Dieu, les éléments généraux de l'univers, la création, le principe vital etc...
- Deuxième partie, les problèmes spéciaux : l'origine des esprits, la pluralité des existences, le retour de l'esprit à la vie corporelle, l'émancipation de l'âme etc...
- Troisième partie, les problèmes normatifs : les lois morales : ses caractères, lois d'adoration, du travail, de reproduction, de conservation, de destruction, de société, du progrès, d'égalité, de liberté, de justice, d'amour et de charité ;
- Quatrième partie, les conséquences : les peines et les jouissances futures.
On peut apprécier l'harmonie didactique de l’œuvre. Ses suggestions et ses conséquences vont du général au particulier, de la connaissance aux applications, de la spéculation philosophique aux normes morales. On peut observer que le problème de Dieu, dans la première partie du Livre des esprits, est présenté et discuté comme objet de spéculation, parce que la doctrine induit l'intelligence humaine à chercher à savoir pourquoi Dieu existe. C'est la connaissance rationnelle, en tant que chemin vers la connaissance intuitive, qui est une sphère plus élevée, et qui par là-même dépend plus de l'illumination intérieure que, proprement, des acquisitions intellectuelles. Chercher la cause première de l'Univers est la première question, et là nous trouvons la philosophie dans toute sa plénitude. Dans la dernière partie du Livre des esprits, par contre, le problème de Dieu est posé de manière différente parce que, là, il est nécessaire de sentir les conséquences de l'action divine. Ce sont trois étapes successives et complémentaires mais, il faut noter que chacune d'elles a un domaine propre et que chacune de ces étapes progressives de l'homme correspond à des valeurs différentes :
- dans la première étape, lorsque l'homme recherche seulement la connaissance pure, les valeurs intellectuelles prévalent, qu'elles soient littéraires, philosophiques ou scientifiques ;
- dans la deuxième étape, lorsque l'homme met en application ce qu'il apprend, la connaissance pure et ses valeurs ne le satisfont plus, parce qu'il est nécessaire de mettre la connaissance en pratique, d'où les devoirs et les normes découlent ;
- dans la troisième étape, parce qu'il connaît déjà et sait faire bon usage de la connaissance, l'homme sent les conséquences de toute la vérité qu'il lui est possible d'apprendre, et de là les jouissances et les consolations de la doctrine apparaissent.

Au sein de cet ordre didactique, le Livre des esprits développe toutes ses propositions fondamentales, permettant à l'homme, avant tout, de connaître pour comprendre, et ensuite, déjà en possession de la connaissance, de sentir les beautés et les bénéfices de la doctrine en vue de la réforme morale.

Voyons la distribution des sujets : avant de parler des jouissances futures, des devoirs humains et sociaux, le Livre des esprits dirige la question philosophique vers la cause première de toutes les choses, la formation de l'Univers, le principe vital, etc... Ce sont tous des problèmes très généraux mais, il est nécessaire de commencer par les généralités pour pouvoir, ensuite, descendre aux particularités de la doctrine. On voit donc bien le haut sens didactique d'Allan Kardec en organisant le Livre des esprits dont les enseignements, comme on le sait, sont d'origine spirituelle, auxquels le codificateur leur a donné ordre et méthode.

Comment la doctrine pourrait-elle convaincre l'homme de la réalité des valeurs spirituelles, qui sont claires et éternelles, sans faire d'abord comprendre à l'homme la suprématie des lois divines ? Pour savoir respecter les lois biologiques auxquelles il est sujet, l'homme a besoin de connaître les processus normaux de la vie, et justement pour cette raison, la doctrine spirite traite aussi de la formation des êtres vivants et des conditions du monde dans lequel l'homme vit. Tout cela est connaissance, mais ce n'est pas encore du progrès spirituel, car l'homme, comme le dit la doctrine spirite elle-même, progresse d'abord en connaissance puis, en morale.

Si, pour être heureux, l'homme a besoin et doit connaître les lois naturelles afin qu'il sache se comporter de façon équilibrée, alors les lois naturelles sont les reflets de l'action de Dieu ; il est donc clair que la connaissance de ces lois apparaît indispensable. Il n'est pas possible d'enseigner à quelqu'un le principe de l'harmonie universelle, qui est un sujet essentiellement philosophique, sans avoir une idée au moins générale du mécanisme des lois naturelles. C'est ce que l'on peut noter dans le Livre des esprits, parce qu'il présente le cadre de ces lois, leurs relations de dépendance, leurs processus d'action et, ensuite, éveillent en l'homme le sentiment de responsabilité face à la connaissance qu'il a déjà acquis : avant tout, transmettre la connaissance ; ensuite, en présenter les conséquences pratiques. Alors, une fois arrivé à cet état d'avancement moral, l'homme comprend Dieu grâce à son intelligence, mais il n'en reste pas seulement au stade de la connaissance parce qu'il est indispensable de sentir l’œuvre de Dieu à travers l'illumination. Le Livre des esprits tend à répondre aux interrogations du philosophe comme aux pétitions du théologien, ainsi qu'aux exigences du moraliste.

Il convient de souligner que ce n'est pas une œuvre de classification ni de connaissances descriptives, mais une œuvre aux connaissances amples, en divers domaines de la spéculation et de la critique. C'est justement pour cette raison que le Livre des esprits est très synthétique dans ses réponses. C'est un livre de base qui ne peut donc pas faire de développements minutieux. Il présente les principes, formule les thèses générales, avec un entier esprit de synthèse, sans se perdre dans l'énumération circonstanciée de concepts accessoires. C'est une œuvre d'interprétation, qui n'est pas et qui ne pourra pas être un traité de spécifications. Le développement et l'explication minutieuse des questions qui se trouvent en substance dans le Livre des esprits, apparaissent dans les autres œuvres de la doctrine, justement parce que celles-ci sont des dédoublements de l’œuvre générale. Finalement, c'est dans le Livre des esprits que la doctrine spirite se circonscrit. On ne peut pas comprendre la doctrine sans connaître le Livre des esprits, et pour comprendre la valeur du Livre des esprits, il est nécessaire d'en comprendre son sens didactique.

Deolindo AMORIM



Source : Revista Presença Espirita, mars 2010
Traduction : Jean Emmanuel NUNES
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